Red center : l'Australie, la vraie...
  

Red center : l'Australie, la vraie...

Uluru, Australie le 21/04/2009

 
Depart pour mon tour de 3 jour dans le desert, au coeur des terres sacrees des aborigenes... La premiere journee est quasiment consacree au voyage, parce qu'en fait, tout est extrement loin, les sites importants sont a 600km d'Alice et eloignes de 400km les uns des autres, donc tres clairement dans les prochains jours, on va faire beaucoup de voiture. C'etait aussi l'occasion de faire connaissance avec le groupe et avec le guide. On est un peu nombreux a mon gout dans ce groupe, il y a des jeunes et des moins jeunes, beaucoup d'allemands (presque la moitie du groupe), mais egalement plein d'autres nationalites, des coreens, un americain, une danoise, des japonais, une francaise,...Quant a notre guide, Dave, il ressemble a crocodile dundee, mais il a l'air de vraiment maitriser son sujet, d'autant plus qu'il a passe pas mal de temps avec les aborigenes. Je suis copilote (enfin assise toute a l'avant du bus), donc c'est genial parce que j'ai plein d'explications en exclusivite, et une vue imprenable sur le paysage... Lorsque j'ai demande a Dave dans combien de temps on arrivait, il m'a repondu 5h, et devant ma tete pas extrement motivee, il s'est juste marre en me repondant "welcome to Australia". Premiere soiree au camp site, le groupe se soude autour des jeunes, John (l'americain), Sara et Steffi (deux allemandes), Laura (l'autre francaise) et moi... On en profite pour aller boire un verre, on est vraimebnt au milieu de nulle part, le bar du camp site ressemble a un repere de cow boys qu'on imaginerait bien en train de danser de la country. Le soir, on s'endort sous les etoiles, dans des "swags", sorte de sacs tres impermeable et coupe-vent, dans lequel tu glisses ton duvet pour dormir dans le bush. La ou on a de la chance, c'est que si on frole les 40 degrees dans la journee, la nuit il fait moins frais que prevu, c'est a peine si on a besoin d'un petit pull. C'est fabuleux, la nuit dans le desert, les milliards d'etoile dans le ciel, les dingos qui hurlent a cote, incroyable...
Deuxieme journee beaucoup plus active que la premiere. Reveil a 5h du matin, alors qu'il fait encore nuit noire pour voir le lever de soleil a Kings Canyon, situe a une cinquantaine de km. Le matin, dans le desert, il fait assez frais, mais ce qui est surtout surprenant, c'est de partir en balade de nuit, et d'entamer l'ascension du canyon a la lampe de poche. Mais ca en valait vraiment la peine, parce que lorsque le soleil se leve, les couleurs sur la roche rouge sont fabuleuses. Trois heures de balade, mes (tres legers) entrainements de montagne aux Arcs me servent bien, petite pause dans le "garden of Eden", jolie oasis verte au milieu de laquelle se trouve un mini lac naturel. Il aurait fait plus chaud, on se serait baigne, mais la il est encore trop tot, donc on se contente d'une petite pause dans un lieu fascinant. Dans l'aprem, on reprend le bus, pour aller a Kata Tjuta, un magnifique site rocheux pour une nouvelle balade au milieu des roches rouge. En fait, je suis en train de decouvrir que ces incroyables blocs de roches etaient en fait des dunes de sables blancs a l'origine. D'ailleurs, tout le centre de l'Australie etait sous la mer, on trouve dans les roches des sortes de fossiles de faune marine datant de ces moments la. Il y a des millions d'annees, sous l'impact de la tectonique des plaques, la mer s'est retiree et les dunes se sont retrouvees completement mises sous pressions, ce qui a compacte le sable pour en faire les blocs de roches qu'on peut voir aujourd'hui. Quant a la couleur, elle est due a l'erosion et a la chaleur. Un autre truc fascinant, c'est les mecanismes de protection des arbres: comme il fait extremement chaud, les incendies d'arbres sont assez frequents et en bfait assez sains pour le sol. Du coup, pour se proteger, les arbres ici ont le plus grosse partie de leur tronc enterree sous la terre. Comme ca, lorsque le fin survient, il ravage les branches, mais epatgne le tronc, ce qui permet a l'arbre de survivre et de repousser de lui-meme. Trop fort, non? 
La journee s'acheve avec un apero (au champagne, svp) face a l'Uluru, le fameux bloc rouge, le plus connu, si symbolique de l'Australie. C'est incroyable.... Le soir, retour au camp site pour un aussie (abreviation pour designer ce qui est australien) barbie (pour BBQ). Ils sont hallucinants ces australiens a abreger tous les mots, aussie, barbie, breakie (pour breakfast),... Sara, John et moi devenons les "barbie masters" avec la delicate mission de cuire legumes, pates et poulet pour 20 personnes. Le resultat est super positif, et apres cette belle journee, un bon diner fait beaucoup de bien. La fin de la soiree se passe autour du feu a chanter des chansons francaises, americaines, allemandes, danoises et australiennes... De nouveau, on dort a la belle etoile (et c'est vraiment le cas de le dire). 
Day 3, the "french girls' day"
Aujourd'hui encore, reveil a 5h, pour aller voir le soleil se lever sur l'Uluru. C'est fabuleux, je n'ai pas assez de mots pour traduire les couchers et les levers de soleil dans le desert. Sans faire de la spiritualite de comptoir, on a vraiment l'impression ici de retrouver sa place, on se sent tout petit devant tant de beaute. Ca y est, je n'ai vraiment plus envie de rentrer, ce pays est tellement incroyable qu'on voudrait ne jamais plus en repartir. Enfin... Quand je dis que c'est the "french girls' day", c'est qu'en fait, Laura et moi, on n'en a pas rate une aujourd'hui. Dave nous a depose au pied de l"uluru pour qu'on puisse faire la balade de 10km qui en fait le tour, pendant que lui prendrait deux heures tranquilou sans nous. En fait, l'ascension de l"uluru est fermee pour cause de vente, ce qui regle assez radicalement mon dilemne ethique: en fait, Uluru est toujours un site sacre pour les aborigenes, et ils n'interdisent pas l'ascension, mais preferent que les touristes ne montent pas, c'est donc le choix personnel de chacun. Mais bon, du coup, la question ne se pose plus, donc on devrac se contenter d'en faire le tour. Laura et moi, completement au radar, n'avons pas vraiment ecoute les indications de Dave, et parties les dernieres, on a rapidement perdu les autres. Au bout d'un peu de temps, Laura a prefere rester poser sur un banc pour faire la sieste, tandis que moi je continuais et repasserais la prendre au retour. Je suis donc partie toute seule, j'ai marche jusqu'a jusqu'au waterhole, site extrement sacre pour les aborigenes, parce que c'est le coeur de la legende du serpent arc-en-ciel, symbolisant l'unite de tous les peuples. J'en ai profite pour regarder les peintures aborigenes sur les parois. Puis je suis repartie dans l'autre sens pour recuperer Laura, mais arrivee au point de rdv, plus de Laura. Sans avoir de montre, je savais que j'etais super en retard pour le rdv. En effet, quand je suis arrivee, il n'y avait plus de bus, mais en discutant avec d'autres guides, ceux-ci m'ont explique que Dave avait perdu non pas une, mais deux "french girls", et qu'il etait parti a notre recherche, mais allait revenir. Effectivement Dave est repasse, il avait recupere Laura, qui selon ses dires, comme "la belle au bois dormant" s'etait endormie au bord du chemin, alors que moi, en tournant a droite au lieu de gauche pour chercher Laura, j'avais en fait quasiment fait deux fois le tour de l'Uluru sans meme une bouteille d'eau (ce qui n'est vraiment pas malin du tout dans le desert, ou tu apprends a savourer l'eau, meme si elle est chaude). Finalement, tout est bien qui fini bien, et apres s'etre inquiete pour nous, il avait bien gagne le droit de se moquer de nous toute la journee. Ensuite, en fin de matinee, on a fait un dernier arret au cultural center d'Uluru pour recevoir quelques explications sur la culture aborigene et voir les galeries d'art traditionnel. Apres un bon dejeuner, l'apres-midi est consacre au retour vers Alice. Sur le chemin, on a eu une grande discution avec Dave sur les aborigenes. En fait, c'est en arrivant a Alice que j'en ai croise pour la premiere fois : ils sont sales, habilles de vielles fringues occidentales pourries, ils semblent errer dans les rues, mendier, fumer, et etre completement bourres en permance, c'est tres surprenant. A discuter avec les australiens et avec Dave, je commence a reconstituer l'histoire. Les aborigenes qui sont dans les villes ont ete exclus de leurs communautes traditionnelles parce qu'ils etaient alles en ville, avaient bu et fume (l'alcool est un enorme probleme pour les aborigenes, et donc dans tout l'Etat). Mais en vivant dans les villes, ils sont egalement exclus de la communaute des blancs, et ne recoivent pas les subventions du gouvernement destinees a aider les communautes aborigenes a survivre et a subvenir a leurs besoins. En fait, avec la "stolen generation" (au moment de la seconde guerre mondiale et encore apres, le gouvernement australien enlevait les enfants mixtes et aborigenes pour les eduquer et les civiliser dans des missions religieuses), les traditions et les modes de vie aborigenes se sont trouves confrontes au monde occidental, et c'est tout leur systeme de valeurs qui a vole en eclats, et leurs traditions ont cesse de se transmettre. Aujourd'hui, le gouvernemenbt australien essaie de se racheter, mais ca va prendre du temps... De retour a Alice, la soiree se passe avec John, Laura et Dave pour un diner de fin de tour dans un backpacker tres sympa de la ville. Adam, mon australien prefere de ma premiere soiree a Alice nous a rejoint pour boire un verre. Dave lui a fait passe un veritable interrogatoire, qui faisait un peu "papa protecteur" qui prend soin de ses deux petites frenchies, tres mignon. Soiree geniale, bien arrosee, pour finir en beaute, ce qui n'est pas loin d'etre mes plus beaux moments en Australie jusqu'a maintenant...
 

Commentaires



Autres récits de voyage

Autres Recits en Australie